Les artistes marocains de la préhistoire.

Les artistes marocains de la préhistoire.

Les représentations artistiques les plus anciennes connues au Maroc sont l’oeuvre de bergers et d’éleveurs de troupeaux. Ils parcouraient les vastes régions présahariennes du Sud, à une époque où le désert n’était pas encore la terre inhospitalière qu’il est devenu. Une végétation de savane faisait vivre alors des
animaux domestiques, ainsi qu’une faune sauvage. Ces Populations préhistoriques gravèrent sur les rochers des milliers d’images, dont la date se situe autour de 3 000 ans avant l’ère chrétienne. Certes, bien avant, des artisans avaient fabriqué et décoré la céramique. Ils n’avaient pas manqué de sens artistique. Mais nous les écarterons Pour leur préférer les graveurs sur un support rocheux, car leur domaine est plus proche de celui des artistes modernes.

Des centaines d’images

Les dessinateurs d’autrefois ont gravé leurs dessins Un peu partout au Maroc. Les sites sont nombreux dans le désert présaharien, le long de l’Oued Draa, jalonné encore aujourd’hui par de verdoyantes oasis. Ils se trouvent aussi dans le Haut Atlas, à plus de deux mille mètres d’altitude.

On note que les lieux privilégiés sont à proximité d’une rivière ou d’un col. Ces sites peuvent comporter des centaines d’images ou seulement Une dizaine. Les gravures Sont toujours en plein air et bien visibles, à l’inverse des peintures cachées au fond des grottes, en France ou en Espagne.

Au début, les hommes étaient contraints de graver avec des outils en pierre. L’image était d’abord dessinée par une mince incision.
Puis, par un frottement sur la ligne tracée, une image aux traits polis, continus et réguliers apparaissait. Un autre procédé consistait à approfondir l’incision initiale en piquant la roche de petits coups successifs Pour former des cupules plus ou moins attachées les unes aux autres. Plus tard, avec l’arrivée dans le pays des premiers objets en métal, un outil métallique remplaça avantageusement la pierre. Mais les opérations restaient les mêmes.
Quels étaient donc ces dessins qui, en général, ne dépassent pas 50 cm de hauteur et que les artistes préhistoriques fixaient si laborieusement sur les dalles ou les parois rocheuses ? Les éleveurs du Sud gravaient surtout les images de leurs troupeaux de bœufs ou celles de la faune sauvage qui les menaçait ou qui leur servait de gibier et leur fournissait de la nourriture. Tout en étant éleveur, l’homme dépendait encore beaucoup des produits de la chasse.
D’après les fouilles archéologiques de l’Est du Maroc, la grande antilope bubale était le gibier préféré. Son image apparait fréquemment dans le répertoire des gravures rupestres.

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